Etat récapitulatif des cahiers Turath

Lamia FARDEHEB (Auteur)
Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle CRASC
79 – 102
Patrimoines maghrébins
N° 01 — Vol. 01 — 30/06/2023

Lors du symposium tenu le 03/11/2017 à l’occasion du 25ème anniversaire du CRASC / 20ème de Insaniyat et au sein de l’atelier 1 : Langue, Imaginaire et Culture, un débat s’est déroulé autour du bilan de la recherche au sein de la division Imaginaire et processus sociaux.

Cette division est chargée de mener des travaux de recherche et des études sur les structures anthropologiques de l’imaginaire social et institutionnel et les pratiques sociales et leurs expressions matérielles et immatérielles.

En d’autres termes une division qui s’est basée essentiellement sur les pratiques du point de vue des imaginaires et des objets marginaux comme les pratiques populaires et les revendications identitaires sans oublier la question fondamentale des langues et des usages linguistiques en Algérie.

Des nombreux questionnements qui se sont dégagés de cet atelier, j’en ai retenu deux:

  1. Qu’est-ce-qui a été fait, démontré et identifié en terme de la recherche scientifique ?

2) Comment mettre en valeur les résultats de la recherche ?

De là surgit la nécessité de faire un bilan lié au cadre institutionnel (ce qui a été fait et établi) et vient l’idée de faire un état récapitulatif des numéros Turath.

Si nous posons la question : Pourquoi Turath ? Nous répondons que Turath fait partie des cahiers du CRASC ; ces cahiers définis d’après la charte éditoriale des publications comme étant un ensemble de textes issus de l’activité scientifique de recherche ayant pour objectif de rendre celle-ci visible au sein du CRASC afin de contribuer à la valorisation des résultats de recherches au sein des divisions.

Voici donc les présentations de chacun des 09 numéros de Turath :

  1. Turath, 2002 :

«Ce premier numéro de « Turath » concrétise en quelque sorte les premières investigations de l’équipe de recherche du CRASC : « Patrimoine culturel en Algérie ». Il s’agit ici moins d’offrir les résultats d’une recherche arrivée à terme que d’inscrire les jalons d’une action qui mérite de mobiliser toutes les énergies.

C’est pourquoi ce premier numéro offre aussi bien des travaux menés par les membres de l’équipe de recherche que ceux d’universitaires, d’étudiants ou d’amateurs éclairés. On retrouvera derrière un classement morphologique de la production littéraire populaire orale et écrite des propositions de lecture qui exploitent aussi bien la dimension anthropologique (Nemmiche), que l’étude des motifs (Rahal) ou la dimension discursive et énonciative (Benallou, Miliani). Mais le travail de mise en forme de la production orale est ici présent avec la traduction de corpus (Mehadji), un parcours biographique et la transcription de textes (Djillali) ou l’établissement d’un champ sémantique
et lexical (Zakaria).

Enfin, la mise en perspective de l’information bibliographique sur le patrimoine culturel est largement présente avec une synthèse critique sur des ouvrages récents sur le melhoun (Dellaï) et deux relevés, l’un bibliographique et l’autre discographique (Miliani) qui permettront d’enrichir la banque de données en cours d’élaboration.

Volontiers éclectique par ses objets et ses approches, ce premier numéro de « Turath » se propose de donner à voir l’amplitude des thèmes et des domaines visés par cette publication. Il va sans dire que « Turath » n’est pas réservé aux seuls chercheurs qui l’animent, mais à tous ceux qui souhaitent contribuer à lui donner plus d’envergure. »

Hadj MILIANI

2) Turath : dossier Abdelkader Khaldi, 2002

« Ce numéro consacré au poète de melhoun Abdelkader El Khaldi se veut avant tout une introduction à sa vie et à son œuvre. Nous avons tenté, à travers nos contributions, d’une part de présenter les principaux jalons de sa vie et de dégager quelques grands thèmes de son œuvre et d’autre part de donner une description détaillée du corpus rassemblé au cours de notre collecte et que nous travaillons à « mettre en forme » pour une édition critique dans une prochaine étape.

Abdelkader El Khaldi est le poète de deux grandes villes de l’Oranie au dialecte arabe bédouinisant : Mascara et Oran. D’abord Mascara, sa ville natale, grand foyer de poésie melhoun traditionnelle où il s’assimila, auprès de ses maîtres Abdelkader Bencherif, Tahar Ben Moulay, Moqaddem Meziane et Boutaleb Benyekhlef, l’héritage poétique des grands poètes de Mascara et de la plaine de Ghriss, sans oublier les autres poètes connus de l’Oranie comme Mohammed Belkheïr ou Mustapha Ben Brahim surtout.
Et puis Oran, ville au substrat bédouin indéniable, mais culturellement
et musicalement plus cosmopolite, méditerranéenne, plus ouverte aux influences externes, où son inspiration en s’imprégnant d’un certain univers citadin typiquement oranais, a pu produire des œuvres d’une facture nouvelle, dans ce que l’on peut appeler « un melhoun citadin de langue bédouinisante ». Et il n’est pas étonnant, à ce titre-là, que des genres musicaux locaux modernes comme le « ‘asri ouaharani » de Blaoui Houari, Ahmed Wahbi et Ahmed Saber, ou le « raï » des chebs se soient reconnus dans son œuvre et se soient emparés de ses chants pour en faire des pièces centrales de leurs répertoires. »

Ahmed-Amine DELLAÏ, Rahmouna MEHADJI

3) Turath. Le dire oral : des Aurès au Murdjajo, 2003

« Ce numéro des Cahiers du Patrimoine offre une série de dossiers sur certaines formes simples (proverbes / dictons / contes / chants populaires) et une synthèse sur quelques figures de la culture populaire des Aurès. Pour les Aurès, la contribution de Nadhir Sbaa donne à lire, à travers une perspective diachronique, quelques destins d’aèdes et de poètes de la région inscrits dans l’histoire plus globale du pays. C’est aussi l’occasion, pour notre équipe, de faire la part à la production poétique en Tamazigh dans notre travail de patrimonialisation.

Rappelons que tous les corpus ici présentés participent du travail de repérage des expressions symboliques de cette koinê algérienne et maghrébine. Dans ce sens en consacrant la plus grande partie de ce numéro aux formes simples nous privilégions les expressions matrices de la créativité symbolique
et langagière populaire. Ces formes simples (le proverbe, la devinette, le conte ou le mythème) relèvent selon la thèse de Jolles[1] des dispositions mentales, des visions du monde et des conduites sociales des communautés humaines. Elles constituent, d’autre part, le noyau des formes plus complexes qui composent les genres littéraires (comme l’épopée ou le roman par exemple). Elles représentent à ce titre un gisement inépuisable pour la compréhension des modes de mise en représentation des univers sociaux et symboliques.

Proverbes et dictons

Le dossier proverbes et dictons présente, principalement, une expérience de transcription d’unités culturelles réalisée il y a vingt ans à l’Université d’Oran. La présentation qu’en donne son initiateur, Sidi Mohamed Lakhdar Barka inscrit précisément l’intérêt tout à la fois pédagogique et patrimonial d’une telle expérience.

Nous savons que le domaine de l’étude et de la collecte parémiques est fort riche dans la tradition folkloriste et philologique ainsi que dans les approches formelles (logique, sémiotique, etc.) Ainsi Duplessis dans sa ‘Bibliographie parémiologique’ (Paris, 1847) note, pour le monde arabe, que les premières traductions compilées en langue européennes datent du 17ème siècle[2]. Plus tard, au 19ème siècle, des travaux plus systématiques sont commentés et publiés[3] à propos du monde arabe (Il s’agit principalement du Moyen Orient et à partir de recueils élaborés dans la grande tradition des compilations de ‘adab’ arabes).

Mais pour le domaine algérien, on constate qu’avec la colonisation, militaires des bureaux arabes, administrateurs civils, enseignants des medersas et autres interprètes n’auront de cesse de collecter, transcrire, traduire
et commenter ces formes extrêmement prégnantes dans la société colonisée. Pour tous l’objectif était de saisir et de comprendre à travers cette production ‘l’âme’ de cette société, voire ses ‘mystères’. Cependant, l’on doit à quelques savants et érudits un certain nombre de recueils qui nous permettent aujourd’hui de pouvoir attester ou non de la persistance de certaines formes ainsi que de leurs variations. Ce sont principalement les travaux à dominante linguistique d’un William Marçais ou des Basset, ainsi que ceux plus sociologiques de Joseph Desparmet. C’est également le cas de Mohamed Bencheneb qui offrira l’une des meilleures synthèses sur la question à son époque[4]. Depuis lors, il faut reconnaître que des recueils sont périodiquement publiés, souvent par des amateurs, bien que le monde de la recherche se soit penché régulièrement sur la question[5]. Les travaux de Aida Bamia au début des années 80 sur les proverbes de l’Est algérien au CEDRA[6], ceux des chercheurs du CRAPE d’Alger, de Abdelhamid Bourayou, Abdelmalek Mortad[7], Mohamed Saïdi, etc. attestent à la fois de l’intérêt pour ce type de corpus mais aussi d’une volonté certaine de renouveler les approches et les analyses[8].

Il y a dans la littérature consacrée à l’étude des proverbes un certain nombre d’axes aujourd’hui répertoriés : la question polyphonique, la dimension métaphorique, le caractère de vérité générale, la nature stéréotypique, le rôle argumentatif. Des démarches parfois divergentes quant à la définition même des proverbes[9] animent périodiquement les débats (en particulier sur la dualité sens fonctionnel / sens propositionnel) Mais il nous semble que l’approche pragmatique pourrait rendre compte davantage de la dynamique langagière en œuvre dans l’usage des proverbes dans la société algérienne d’aujourd’hui : « Le proverbe véhicule d’une part une parole normative
et légitimée, devenue conventionnelle et pouvant être de ce fait citée
et rappelée ; il génère de l’autre un dire superposé, métatextuel, relié directement aux contextes discursifs réels et s’ajoutant aux dires personnels du locuteur pour commenter et amplifier ces dires personnels, tout en les rattachant à des univers culturels et au dire général et conventionnel de la communauté»[10] .

Contes

Le conte qui est l’expression la plus convenue (par définition) de la littérature populaire est dans ce numéro présent à travers la collecte de versions locales dans la perspective d’un Atlas des productions culturelles populaires d’Algérie[11]. La plupart d’entre ces contes sont connus. Il n’en demeure pas moins que les variations et, surtout, la langue usitée, sont ici essentielles. Même si les transcriptions n’en révèlent pas toute l’amplitude, on peut considérer qu’ici l’effet esthétique probant est fondamentalement celui de la condensation métaphorique et du répertoire lexical[12].

Ce premier corpus ne constitue qu’un exemple de la variété des contes que l’on retrouve également dans l’aire arabo-musulmane[13] Puisque les textes de la littérature savante précèdent les collectes des traditions populaires. 8ème siècle / 9ème siècle pour les premiers. 13ème siècle pour les Mille et une nuits et 19ème siècle pour le reste. C’est en particulier les transferts des versions écrites vers des versions orales qui pourraient être étudiés en Algérie. Il reste également à entreprendre d’une manière plus systématique l’étude de cette production à travers les caractéristiques principales qui ont été mises en exergue par les chercheurs[14], à savoir :

1/ Les conditions d’énonciation réglementées ;

2/ L’opposition des statuts cognitifs ;

3/ Les traits narratifs stéréotypés ;

4/ Les traits formels, choix linguistiques, structurels, oratoires ;

5/ La combinaison du réel et de l’imaginaire ;

6/ La transmission par un code symbolique des modèles culturels et de la vision du monde[15].

Dans le cas algérien outre le classique Le conte Kabyle de Camille Lacoste-Dujardin, les travaux de Mered[16], la bibliographie datée de Massignon[17], il est à signaler les travaux des chercheurs algériens arabisants[18] qui répertorient les thématiques et les contextes socio-culturels de la production et de la diffusion de ces textes. Il faut regretter cependant que nous ne disposions pas d’études de terrain sur les modalités de la réception de ce type de productions culturelles[19].

Chants

La particularité principale des chants rassemblés dans ce numéro est qu’ils sont essentiellement féminins et qu’ils proviennent pour la plupart des Hauts Plateaux. Outre l’intérêt patrimonial, il faut relever que ces chants, qui sont donnés généralement au cours de festivités, sont des chants collectifs ou semi-collectifs qui donnent lieu à un dispositif aussi bien scénographique que rituel extrêmement précis[20]. La construction strophique qui est centrale dans la poésie populaire est ici bien illustrée (‘terbac’ à Ammi Moussa,
‘El goul’ à El Bayadh et ‘smaoui’ à Tissemsilt). La thématique est quant à elle quasi-constante : amour réciproque, amour impossible, amour interdit. La variété formelle et prosodique mérite d’être revue à travers l’accompagnement musical qui lui prête sens. Dans ce cas le travail ethnomusicologique est particulièrement nécessaire.

Ethnotexte

Le récit de vie d’une « meddaha » de Mostaganem illustre parfaitement l’intérêt de l’approche du patrimoine culturel à travers le discours de ses transmetteurs. Récit de pratiques, ce texte permet de reconstituer une trajectoire à l’intersection de l’activité professionnelle et de la démarche de l’adepte. C’est celle d’une meddaha septuagénaire dont la recherche spirituelle se conjugue avec l’exercice d’une pratique profane : « Le recours que les femmes de la montagne et même des grandes villes voisines ont aux thaumaturges, vivants et morts, aux personnages et assemblées extatiques en général, dépasse la demande de cure stricto sensu : divertissement, réassurance, ‘bain’, esthétique et affectif, puisque la musique, la danse, la poésie y ont leur part… Y a-t-il une autre définition de la demande culturelle ? Authentique, celle-ci doit répondre aux grandes questions et aux appétits, aux souffrances de la vie tout entière »[21].

Mais on y lit aussi la mise en séquence des chants par le rituel, le rôle des festivités et la permanence des saints évoqués : Sidi Bouabdallah, Sidi Belqacem, Sidi Charef, Sidi Bendhiba, Sidi Touati, Sidi Maamar, Sidi Lakhdar. Le discours est lui-même traversé par la dualité du récit. On note un passage constant du ‘je’ au ‘nous’. ‘Je’ quand il s’agit de détails biographiques personnels[22]. L’activité professionnelle (musicale) implique un nous collectif. Il s’agit de rapporter les méthodes d’une pratique. Alors que l’expérience mystique balance constamment entre les deux pôles de l’énonciation.

Les autres contributions hors dossiers qui composent ce numéro convergent dans la même orientation de notre recherche, à savoir la publication de matériaux (lexique des herboristes, discographie d’un chanteur, relevé bibliographique) et des études (introduction à une approche sémiologique de la coiffe en Algérie) Ces investigations trouvent à posteriori en quelque sorte un encouragement, voire une reconnaissance politique à travers le discours du président de la République prononcé au mois d’octobre 2002 à Tiaret à l’ouverture d’un colloque sur la culture populaire et dont nous publions en annexe de très larges extraits. »

Hadj MILIANI

4) Turath : patrimoine immatériel. Matériaux, documents et études de cas, 2004

« Le patrimoine immatériel qui englobe, pour une grande part, l’ensemble des objets et des domaines d’investigation dont on présente quelques illustrations dans ce numéro de Turath, est convoqué explicitement ici pour donner à lire quelques-unes des initiatives adoptées au plan national et international sur ce sujet. Recommandations, conventions et textes législatifs explicitent en grande partie tout à la fois les enjeux, les attentes et les perspectives d’action dont font l’objet l’ensemble des expressions et des pratiques que recouvre la dénomination générique de patrimoine culturel.

La partie de ce numéro dévolue aux matériaux concerne en particulier un genre, le chant dans des contextes de travail (chants de moissonneurs et de tisseuses) et dans les pratiques festives des femmes. Les chants de travail sont des expressions qui tombent dans l’oubli le plus rapidement soit avec la disparition de l’activité elle-même, soit à cause des changements dans l’organisation et l’activité de production. Outre leur intérêt symbolique et esthétique, ce type de chants constitue une source d’information essentielle pour reconstituer la culture matérielle d’un groupe à un moment donné de son histoire. Les chants féminins quant à eux s’intègrent davantage dans les préoccupations socio-symboliques du vécu des femmes. Amours et culte des saints se croisent dans des chants qui restent encore vivaces dans les pratiques collectives des groupes féminins.

La section que nous avons réservée aux documents est consacrée à la reproduction d’un chant satirique attribué à la corporation des tolbas
et recueilli au début du 20ème siècle par Joseph Desparmet dans la région de Blida. Le genre constitue davantage qu’une illustration profane du vécu des étudiants des écoles coraniques et des zaouias, un ethnotexte précieux sur les manières de table et le lexique culinaire de la fin du XIXème siècle en arabe algérien.

Les études de corpus de la tradition orale se partagent entre approches génériques des formes poétiques du Sud-Ouest algérien (Bouchiba), analyses des formes sentencieuses et proverbiales thématisées – les femmes, le cheval- des régions de Sétif et de Msila (Koussa, Rahab), dispositifs ritualisés des scénographies d’énonciation dans les pratiques culturelles populaires (Tahrichi, Menad) et, enfin, une série d’expressions orales à travers leur territorialisation et leur ancrage local dans la région de Tlemcen (Boumedini).

A ces explorations diversifiées des configurations orales contextualisées s’ajoutent des exposés sur les modélisations du conte à travers l’angle du genre (Mehadji) et l’inscription de la dimension à la fois épique et légendaire dans la poésie hagiographique (Dellaï). Les chansons et les musiques sont abordées, pour leur part, à travers l’examen des sources concernant les enregistrements phonographiques au cours du siècle écoulé (Miliani).

Ce numéro de Turath conclut ainsi la première phase du travail de notre équipe de recherche que vient compléter la mise sur site web (http://www.patrimoine-algerien.org) d’une partie de nos investigations
et des matériaux recueillis. Avec la préparation d’une Université d’été en juillet 2004 sur le Patrimoine Immatériel en Algérie qui regroupera les chercheurs qui travaillent sur ce domaine, nous escomptons élargir notre démarche en démultipliant les objets et les méthodologies en construisant des projets de coopération avec d’autres équipes de recherche et en rendant visible les investigations des uns et des autres (publications, éditions de corpus, élaboration de supports multimédia). Il reste aux pouvoirs publics
et aux institutions concernées de mobiliser les ressources nécessaires pour concrétiser ce programme. »

Hadj MILIANI

5) Turath. Représentations sociales, 2005

« Ce cinquième numéro de Turath rassemble, comme pour les précédents, des études, des matériaux et des documents. Il restitue l’activité de recherche de l’équipe initiale qui s’est scindée depuis septembre 2004 en deux groupes : l’un qui s’investit plus précisément sur la poésie populaire sous la direction de Ahmed Amine Dellaï et le second qui élargit davantage son aire d’intérêt autour de ce qui se rapporte au patrimoine immatériel en Algérie. De ce fait cette équipe s’est étoffée avec l’incorporation de nouveaux chercheurs et a donc considérablement démultiplié ses chantiers de recherche (cf. la présentation de la problématique de l’équipe ici même).

Dans ce numéro nous exposons tout d’abord des données sur le site que nous avons lancé il y a tout juste une année (www.patrimoine-algerien.org) Grâce à ce support nous avons pu faire connaître notre activité au-delà du cercle restreint des chercheurs algériens, mais surtout, cela nous a permis d’établir un véritable échange avec tous ceux qui se préoccupent
et s’intéressent au patrimoine culturel en Algérie. Pour cette nouvelle année nous proposons une interface du site en anglais et en arabe qui, nous l’espérons, nous aidera à diffuser un peu plus largement notre travail.

C’est sous le signe de la variété des domaines et des angles d’analyse que se présentent les études de ce numéro. Poésie populaire, conte, cinéma, langue, médecine traditionnelle forment un ensemble assez disparate au premier regard alors que la perspective d’analyse est relativement homogène puisqu’il s’agit de repérer des modalités d’expressions populaires à travers leur dimension socio-anthropologique et esthétique. Certes, les procédures d’analyse divergent sans pour autant entrer en contradiction entre elles. Ici la dominante populaire visée au travers les corpus examinés relève davantage de l’ordre des légitimations discursives et symboliques que de la simple taxinomie sociale. Elle renvoie néanmoins d’une manière centrale ou connexe à la question du genre – le féminin et le masculin (cf. les études de Belgasmia, Fatmi et Miliani) et fait l’objet d’une configuration analytique plus précise au travers de son outil d’expression principal : la langue
(cf. l’étude de dialectologie comparée de Benyachou, le questionnaire de dialectologie de Dominique Caubet, tous deux dans la partie en arabe et la question de la traductibilité abordée par Mehadji). Mais on peut considérer que les problématiques formulées esquissent également, même si cela apparaît parfois comme secondaire, des interrogations sur le statut générique des productions culturelles étudiées.

En tout état de cause, les analyses entreprises sont dans leur ensemble axées sur la problématique de la représentation sociale ou du moins des modalités qui la manifestent ou la déterminent. Nous savons que cet aspect dans la culture populaire en Algérie pose à la fois un problème qui touche à l’identification des indices qui qualifient ces représentations dans la production culturelle populaire et à l’interprétation qui en découle. En dehors des aspects d’ordre heuristique et méthodologique que cela suppose, ce questionnement est quelque peu complexifié dans la mesure ou la production culturelle populaire est considérée dans son ensemble d’une manière courante – évidente ? – sous le mode référentiel (ce qui constituerait la tradition, le matériau historique, voire sociologique ou esthétique d’une société).

Nous ne pouvons précisément admettre la pertinence de la problématique des représentations sociales sans rappeler (à titre purement indicatif évidemment) leur surdétermination du point de vue de ce que l’on a appelé l’histoire des mentalités, à l’aune de l’ethnolinguistique et plus globalement dans les sciences sociales (On retrouve en partie ces préoccupations dans les articles de Benyachou, Belgasmia, Mehadji et Miliani).

Pour les historiens de la culture qui s’interrogent sur cette notion de représentation sociale, l'inflexion principale est à étayer à propos des relations entre formes symboliques et monde social, dans la mesure où « Le groupe n’existe que dans la mesure où il est parole et représentation, c’est-à-dire culture. »[23]. Ainsi pour un historien comme Roger Chartier[24] l’histoire des mentalités a pour objet le collectif, l’automatique, le répétitif. Cette conception s’articule autour d’une dialectique du temps long des mentalités qui résistent au changement et temps court des renonciations brusques ou des mutations rapides de perception et de sensibilité. C’est dans l’écart qui s’insinue entre les productions et leurs réceptions que s’incarnent les représentations qui sont dès lors définies par le fait qu’elles : « incorporent dans les individus, sous forme de schèmes de classement et de jugement, les divisions même du monde social. (…), ces représentations collectives et symboliques trouvent dans l’existence de représentants individuels ou collectifs, concrets ou abstraits, les garants de leur stabilité et de leur continuité »[25].

D’autre part nous pouvons schématiquement relever du point de vue des théories des sciences sociales[26] que les représentations sociales peuvent être appréhendées au travers de ce que l’on peut considérer comme une structure solidaire composée d’un noyau central et d'éléments périphériques. De ce fait les notions de coopération et de compétition sont à mettre en rapport avec les représentations sociales (Abric, 1988) de même que les unités signifiantes des représentations sociales peuvent être envisagées à travers la notion de thêmata (Moscovici et Vignaux) Ajoutons cependant que pour les ethnométhodologues l’un des postulats est que le langage est le constituant central de tout processus social[27].

Enfin à un niveau plus particulier, l’étude des littératures orales privilégie l’analyse du point de vue de l’ethnolinguistique qui tient compte aussi bien de la forme que du contenu du contexte. Calame Griaule[28], par exemple, considère d’autre part que la littérature orale forme un système qui articule tous les genres entre eux (on ne peut ainsi étudier le conte sans prendre en considération les chansonnettes, les proverbes, les pratiques rituelles, etc.) Les relations entre les différents pôles sont définies à travers des normes ‘règles d’actualisation des textes oraux’ qui peuvent être constituées par des systèmes de règles et d’interdits. Ces normes sont considérées comme extrinsèques par rapport aux codes qui eux fixent les modalités de la performance (système des genres littéraires, formules initiales, alternances de parties chantées ou non, mode d’énonciation, débit).

Pour Bernard Py[29], les représentations sociales existent par le discours
et se diffusent dans le tissu social puisque le langage permet de catégoriser : « dénommer, c’est classer et regrouper selon des critères imposés par le système grammatical et les expressions préfabriquées du discours ».

Pour lui les représentations sociales tendent à résister au changement social. Les individus ont tendance à les adapter plutôt qu’à les modifier totalement : « Cette adaptation se manifeste dans le discours par des procédés tels que la modalisation, la mention ou encore la réduction du domaine d’application ». Il met en relief deux types de représentations sociales : les représentations sociales de référence qui sont souvent décontextualisées et les représentations sociales d’usage qui sont associées à un contexte pratique ou discursif et mobilisées pour les besoins d’une action particulière. Ces quelques éclairages méthodologiques et théoriques montrent tout l’intérêt d’aborder sous cet angle le champ du patrimoine immatériel.

La particularité des documents que nous présentons tient à leur relative notoriété pour les chercheurs qui s’intéressent à la culture et à la littérature orale en Algérie. En effet qu’il s’agisse du récit comique recueilli et transcris à la fin du XIXème siècle ou de l’étude de Rouanet sur la musique du Maghreb, ces documents ont longtemps constitué une source essentielle pour l’étude, pour le premier, des usages linguistiques populaires en Algérie ; pour le second, des pratiques musicales en usage à l’aube du XXème siècle.

Enfin, les matériaux recueillis ici prolongent le travail de collecte, en particulier au travers la série d’énigmes et de proverbes présentés et offrent une bibliographie exhaustive des mémoires de magister et des thèses soutenus à l’Institut de Culture Populaire de l’Université de Tlemcen depuis sa création à ce jour. »

Hadj MILIANI

6) Turath. Le Melhoun textes et documents, 2006

« Si nous avons décidé de consacrer ce numéro de Turath principalement au Melhoun comme texte (poétique) et prétexte (à étude) c’est parce que l’intérêt pour cette littérature non seulement ne faiblit pas, mais il augmente, multipliant sa visibilité aussi bien dans les médias que dans l’édition où de nombreuses publications voient le jour régulièrement. Ceci est réconfortant pour les chercheurs et justifie amplement le travail de sensibilisation que nous avons entrepris à ce sujet depuis des décennies et dont la publication de ces cahiers est un des supports privilégiés.

Ce numéro de Turath, comme annoncé plus haut, est divisé en deux parties complémentaires :

1. Une partie « textes » où nous avons présenté cette production dans
sa diversité fondamentale : textes anciens (Belkheïr, Bensahla) et textes contemporains (Hadj Khaled), poésie citadine (Bensahla, Bettobdji) et poésie bédouine (Belkheïr, Hadj Khaled, El Medjadji), thématique sociale et critique (Eddachra, le temps de l’iniquité), satirique aussi (Bettobdji, Hadj Khaled)
et thématique lyrique (Bensahla), dimension nationale (poésie de Sidi Khaled) et sa dimension maghrébine (la serraba). Indirectement, nous désirons aussi, à travers ces quelques textes inédits, attirer l’attention sur l’importance
et l’urgence de la collecte afin de sauver ce qui peut l’être encore de l’immense production poétique en langue « maghrébine » appelée melhoun.

2. Mais s’il est toujours nécessaire de le « démontrer » d’abord et avant tout par les textes, il est tout aussi important de mettre en valeur les études qui s’attellent à reconstituer ce savoir perdu qui s’était bâti, siècle après siècle, autour de lui : savoirs sur la langue, la métrique, et la terminologie technique. Ainsi, dans la partie intitulée « Documents », nous présentons des textes inédits, rares ou difficiles d’accès qui l’ont tous pour thème ou ses auteurs. De Belhalfaoui, nous pouvons lire une sorte de « sa défense et son illustration » devant l’institution académique française, plaidoyer qui reste toujours d’actualité du fait d’une certaine réticence de l’institution académique algérienne à intégrer, par exemple, celui-ci dans le cursus d’enseignement. En vérité, la question plus générale qui y est débattue est celle de son statut, littérature qui ne peut, à y voir de plus près, se plier à la typologie traditionnelle des genres littéraires (poésie savante / poésie populaire, littérature classique / littérature dialectale ou vulgaire, etc.), sans se diminuer.

Avec Ahmed Tahar, nous avons là une intéressante description des rapports du poète mascaréen Benguennoun avec ses contemporains et de ses démêlés avec l’école de Mazouna, institution de légitimation incontournable dans le champ du savoir de l’époque. La problématique, ici, est celle du rapport du poète à sa société et à l’autorité légitimante dans le contexte algérien dès le XVIIIème et XIXème siècles. De Hachelaf, une précieuse étude sur la terminologie technique du melhoun (chant et poésie), qui est une tentative de reconstitution de l’un de ces savoirs perdus dont nous parlions plus haut. Ainsi qu’un essai d’ordonnancement de quelques étapes de la vie terrestre de Sidi Lakhdar Benkhlouf à partir de son œuvre. El Boudali Safir nous livre une lecture personnelle, très impressionniste, de la vie artistique à Tlemcen à travers la vie de l’un de ses plus grands poètes de haouzi, Boumédiène Ben Sahla. Une autre façon, plus sentimentale qu’intellectuelle, de nous introduire dans son univers poétique et musical. Ahmed Lamine, enfin, nous transporte du côté de Biskra, à Sidi Khaled, pour nous révéler des liens insoupçonnés entre poésie melhoun et légende dorée, culture populaire du Maghreb et récits légendaires de la gentilité arabe, substrat berbèro-chrétien et hagiographie musulmane locale.

Ne finissons pas sans signaler la partie « Matériaux » avec, un texte du poète Remaoun où sont chantés les louanges de l’hospitalisation à la française, pièce à ajouter au débat d’actualité sur les supposés bienfaits de la colonisation française, le répertoire d’un chanteur oublié du constantinois


qui suscite beaucoup d’interrogations, et enfin d’autres productions de la littérature populaire orale recueillies par nos collègues Boumedini et Dadoua. »

Ahmed-Amine DELLAI

7) Turath - chants populaires, 2009

« (...) Ces musiques du terroir ne sont pas plus à l'abri des mêmes courants qui peuvent les submerger sans toutefois en détruire le principe : c'est probablement là que s'exerce la meilleure résistance, provenant moins des traits particuliers de race, de civilisation que de dons créateurs spéciaux, de limites aussi dans le pouvoir créateur, de conditions spécialisés d'exécution et de transmission, les chants populaires ne naissent pas, ne se configurent pas comme les autres choses: ou plus exactement, c'est par tout cela à la fois - création, type de structure, mode d'interprétation et de transmission - que la musique populaire peut différer de la musique artistique : aucune opération, aucune qualité, prise séparément, n'étant peut être absolument propre à l'une ou l'autre de ces deux musiques. » [30]

« Chansons au pluriel devrait-on commencer à préciser : chants de travail, de cérémonie, de supporters de football, de jeux d’enfants, comptines et chansons satiriques ; la chanson populaire se décline en circonstances, langues et interprètes multiples et variés défiant ainsi les caractérisations monolithiques et les synthèses hâtives et réductrices. Pour René Basset, les chansons « sont l’expression de la vie quotidienne : qu’il s’agisse de fêtes ou de batailles, même de rixes, qu’elles soient satiriques ou élogieuses, qu’elles célèbrent la victoire d’un parti ou qu’elles déplorent la défaite du croissant par les chrétiens, qu’elles résonnent sur la bouche des enfants et des femmes ou qu’elles retentissent dans des défis poétiques, elles nous permettent malgré un rythme grossier, une langue parfois incorrecte de nous initier à la manière de vivre et de penser de ces populations établies sur la terre d’Afrique. »[31] Néanmoins cette chanson populaire ne peut être pour autant rapportée à une sorte d’essence ‘populaire’ qui l’opposerait ainsi à son versus savant. Il n’est guère d’ailleurs de label de chant savant attribué à une catégorie donnée de chants. Quel que soit le mode de construction qu’elle adopte, la chanson est porteuse d’une double fonctionnalité, celle de son moment d’énonciation et celle de son effet symbolique.

Toute chanson (quel que soit son mode de production) - improvisée ou écrite - dès lors qu’elle est interprétée acquiert un statut populaire du fait de sa réception restreinte ou élargie. Les musiques traditionnelles allient aussi bien des chants de chameliers et de travail[32], des rituels confrériques et des chants de femmes[33]. A travers la diversité des traditions savantes et ésotériques, des métissages urbains, des airs à danser, les musiques chantées en œuvre dans cet espace géographique ne sont pas pour autant des musiques figées. Le substrat berbère modèle les syncrétismes pragmatiques au plan rythmique, les apports ottoman, français, espagnol et égyptien, pour leur part, innervent les automatismes de la tradition pour accoucher de synthèses qui s’imposent en ancrages solides (mélodies, paroles, orchestration). Ce fut le cas du chaabi[34], du asri, des chansons nationalistes[35] ou des musiques de l’immigration.

Plus tard, les musiques et les chants de la post-colonisation élargissent aussi bien le champ d’expression des musiques traditionnelles (chants confrériques, chants de femmes, musiques régionales) qu’elles inventent des formes urbaines héritières du fond séculaire et expriment de nouveaux univers de référence. Ceux de la ville moderne avec ses fascinations permanentes et ses frustrations insondables. La chanson de variété de l’Etat-Nation, le raï, le néo-chaabi ou le rap traduisent chacun selon ses mesures
et ses harmonies propres, un univers de ressentiment et d’espoir, de fantasmes vrais et de réalités désespérées.

Chants et chansons populaires pointent des territoires symboliques et, de ce fait, manifestent des variations de formes (de la qacida aux nombreux couplets[36] jusqu’aux chants réduits au seul refrain ; ainsi qu’aux types : énumératifs, onomatopiques, descriptifs, allégoriques, etc.) ou de genres tels qu’ils ont pu exister (chants de lamentations, de moissons, de minorités[37] ou de métiers). On peut également voir, au travers de l’évolution des musiques de rue, les formes de relais qui se manifestent au travers la reprise par le disque et la diffusion au travers de la radio et, plus récemment, la télévision[38].

Ce numéro de Turath examine quelques-unes de ces productions anonymes ou liées à un identifiant reconnu (Nass el ghiwan, poètes du melhoun, etc.) Le chant populaire est souvent un marqueur mémoriel et une ressource identitaire fondamentale (c'est le cas de la chanson religieuse : Chaïb) on peut le voir également sur la longue durée (Miliani), il accompagne et manifeste des pratiques qui singularisent les divisions du genre comme cela a été déjà établi pour une grande partie de la chanson féminine de groupes (Benfafa) ou celle relative à la petite enfance (Nabti). Mais on peut supposer aussi que ce qui se distingue sous un vocable territorial ou ethnique manifeste des variations et des différenciations qui méritent l’attention (Tehrichi). Les contributions mettent aussi l’accent sur des questions de morphologie des genres chantés (Senouci) ou des thématiques comme celle de la violence dans la chanson populaire (Serir).

Loin de prétendre à une quelconque exhaustivité, ce numéro de Turath focalise l’attention sur un hyper-genre qui nécessite davantage de collectes
et d’études qui puissent s’appuyer sur la dimension anthropologique mais également sur des analyses qui prennent en compte les aspects linguistiques (ce que la dialectologie maghrébine a souvent mené) et esthétiques. Il serait, enfin, utile de prendre en compte le comparatisme pour élargir la perspective sur des aires communes (Maghreb, Afrique, Monde Arabe, Méditerranée) ou des registres voisins ».

Hadj MILIANI

8) Turath. Bibliographie sur le patrimoine culturel, 2013

« L’identification des biens culturels et les actions qui portent particulièrement sur la sauvegarde et la protection du patrimoine immatériel font partie des enjeux mondiaux du siècle. L’impératif pour la recherche de connaître la nature du patrimoine immatériel ne relève pas de la simple obligation archivistique. Il y a là non seulement un travail de mémoire indispensable, mais une nécessité pour reconnaître en partie la diversité des pratiques, la multiplicité des genres, l’amplitude historique des expressions
et la texture profonde des mentalités d’une société donnée.

La connaissance de ces patrimoines et de ces marqueurs culturels permettrait tout à la fois de fixer des repères et de reconfigurer les continuums culturels. Pour ce faire il est fondamental de disposer d’outils qui permettraient d’en évaluer les composantes et les ressources disponibles au plan bibliographique. Ce type de données constitue à la fois un indicateur fiable, un repère quantitatif et un guide thématique.

Rappelons que le patrimoine culturel immatériel englobe toutes les pratiques et les imaginaires, les formes d’expression, les connaissances et les expériences et tout ce qui s’y rattache, comme les instruments, les morceaux, les fabrications et les espaces culturels que les groupes et parfois même les individus, considèrent comme une partie de leur héritage culturel. Précisons que ce patrimoine immatériel se manifeste dans les domaines suivants :

• Les traditions et les formes d’expression orales

• Les arts traditionnels de la danse et le théâtre

• Les pratiques sociales, les rituels et les fêtes

• Les savoirs et les pratiques en relation avec la nature et l’univers

• Les expériences reliées aux arts artisanaux traditionnels.

La définition du terme patrimoine culturel peut s’élargir pour exprimer aussi la production d’un groupe populaire, dans ses deux composantes le matériel et l’immatériel, qu’on peut unir dans quelques formes d’expression, telles les coutumes, les traditions, l’artisanat, la musique ou même les croyances qui s’appuient en même temps sur le dire et le faire.

Ce modeste recueil bibliographique réunit bon nombre de personnalité ayant œuvré dans les études et les recherches, surtout dans le domaine du patrimoine immatériel. Nous avons eu recours à un certain nombre de recensions bibliographiques telles que celle de Geneviève Massignon[39] pour les contes au Maghreb, d’Henri Pérès[40] et Ahmed Amine Dellaï[41] pour la poésie populaire et le melhoun, de Mahmoud Guettat[42], Christian Poché[43] et de Hadj Miliani pour la musique. Ceci à côté de quelques autres chercheurs à travers leurs articles publiés durant la période coloniale et dont nous retrouvons la trace dans deux revues principalement :

1. La Revue Africaine

2. Bulletin de la société de géographie d’Alger (B.S.G.A)

Ce classement rassemble deux parties bibliographiques. La première partie (arabe-français) est divisée en plusieurs chapitres qui sont : la poésie, la musique, la chanson, le conte, les coutumes et les traditions, dialectes, les proverbes et les énigmes, le théâtre.

La deuxième partie rassemble les articles les plus importants, publiés dans la Revue Africaine, entre 1856 et 1962, (collection disponible au Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturel (CRASC à Oran). Parmi les auteurs nous citerons : Joseph Desparmet, René Basset, Henri Pèrès, Alfred Bel, Marcel Mercier, Augustin et Jacques Berque, Jules Rouanet, Achille Robert, Alexandre Joly, etc.

Tandis que la deuxième revue (B.S.G.A) qui a été publié entre 1901
et 1945, peut être consultée aux archives de la Wilaya d’Alger. Exactement comme la Revue Africaine, la plupart des numéros de cette revue comprennent des articles sur le patrimoine culturel algérien de cette période.

Nous avons classé la bibliographie des deux revues comme suit :

Nom de l’auteur – titre de l’article – la page – numéro de la revue – l’année. Le classement est fait selon un ordre chronologique.

Nous avons enfin consacré une partie aux mémoires de Magister et aux thèses de Doctorat déposés au Département « culture populaire » de l’Université de Tlemcen, de 1987 à Octobre 2004. Cette partie réunit 14 thèses de Doctorat et 229 mémoires de Magister.

Nous avons clôturé ce répertoire par des références à quelques enregistrements de la chanson populaire algérienne des différentes régions d’Algérie : L’oranais, staifi, sahraoui, hawzi, châabi et le moderne.

Les plus importantes ressources bibliographiques consultées ont été :

1. La bibliothèque nationale d’Alger.

2. La bibliothèque Jacques Berque à Frenda (Tiaret)

3. Les archives de la Wilaya d’Alger

4. La bibliothèque du département « Culture populaire » à l’Université de Tlemcen.

5. La bibliothèque du CRASC

6. Internet.

Cette collecte a été réalisée grâce au concours de chercheurs associés et permanents du CRASC : Ahmed Amine Dellaï, Saliha Senouci, Belkacem Boumedini, Fatmi Saadeddine, Rahmouna Mehadji, Hadj Miliani.

Cette bibliographie est un modeste effort en hommage à tous ceux qui ont œuvré dans le domaine de la culture populaire et l’ont préservé à travers l’étude, l’analyse et l’écriture. Même si les avis et les études étaient divergents, ces chercheurs ont pu donner une autre dimension et un nouvel élan aux études populaires afin que ces recherches forment - avec d’autres - un ensemble des savoirs complémentaires facilitant l’accès à ce domaine aux chercheurs futurs.

La valeur de cet héritage consiste aussi à faire connaître aux chercheurs les fondements culturels d’une société grâce à l’ensemble des spécialistes
et amateurs qui ont participé à la collecte et à l’étude d’une partie de ce patrimoine : citons les Ghaouti Bouali, Mostafa Aboura, Edmond Yafil,
Said Boulifa, Mohamed Bekhoucha, Ahmed Tahar, Abdelkader Azza, Mohamed, Saadeddine et Rachid Bencheneb, Mohamed Belhalfaoui, Mostefa Lacheraf, Ahmed Sefta, El Boudali Safir, Mouloud Feraoun, Mouloud Mammeri, etc. Cet héritage donne aussi de nouvelles perspectives aux études anthropologiques et culturelles dans ses différents domaines.

Nous souhaitons enfin que ce document puisse aider les chercheurs et les personnes qui s’intéressent à la culture populaire, à enrichir leur recherches, mais aussi à mettre en relief les travaux des principaux chercheurs maghrébins et étrangers qui ont travaillé sur cet espace culturel et historique. »

Hadj MILIANI et Saliha SENOUCI

9) Turath : configurations anthropologiques et pratiques culturelles, 2014

« Terrains anthropologiques et pratiques culturelles au Maghreb et au Moyen Orient sont au cœur de cette nouvelle livraison de Turath. L’interrogation des relations entre pratiques culturelles savantes et pratiques populaires, de même que l’étude de parcours qui vont des traditions établies aux nouveaux supports d’information et de communication, sont caractéristiques, à travers les différents textes rassemblés ici[44], d’une hétérogénéité féconde et riche de perspectives analytiques. Il s’agit tout à la fois d’une diversité des problématiques (de la médiation communicationnelle, aux rituels de passage en passant par les discours épidictiques), d’une variété de territoires physiques (Tunisie, Algérie, Territoire Iranien, Chat-al-Arab, Somalie, Ethiopie, Mauritanie, Yemen pour ce qui est des pays ; mais aussi la ville, la campagne ou le désert, etc.), d’une pluralité d’espaces à fortes charges symboliques (rituel, politique, artistique, etc.) : exemple des cultes de possession dans la tradition zangi (Stephen Prochazka - Bahram Gharedaghi - Kloudeh) et des diverses temporalités historiques et cérémonielles, etc. (lire à ce sujet l’étude de Meriem Bouzid sur la cérémonie de la chevelure dans le cycle de la Sebiba à Djanet). Mais il est assez intéressant aussi de noter que la mise en valeur de la dimension pragmatique des pratiques analysées est quasiment omniprésente dans l’ensemble des textes avec une forte configuration d’empathie descriptive critique au sens de l’anthropologie interprétative et narrative de Clifford Geertz.

La question de la culture des happy few (de la khassa) et de la culture pour tous (la notion de culture de masse faisant de plus en plus problème du point de vue heuristique), des modes de communication politique à travers les formes expressives communautaires (Rami Amnon et Nozha Smati) sont bien perceptibles dans ce numéro de Turath. Mais il est vrai, cependant, que la définition de l’appartenance nationale (par exemple les conceptions et les modes de discrimination par les uns et les autres, en situation coloniale, de l’appartenance nationale - voir pour le cas du théâtre en Algérie dans les années 50 l’étude de Hadj Miliani) ou l’exploration des composantes identitaires singularisent quelques-unes des études car elles en explicitent les composantes discursives et symboliques en s’émancipant des assignations duelles et des notions globalisantes. Comme le signalait déjà Eric Schwimmer, si l’identité se caractérise par une formation discursive homogène, elle se décline dans les faits à travers d’une diversité contradictoire de langages. On peut en lire une illustration dans l’étude de Lorenz Nigst au regard du dialecte de Mazarig du Sud Tunisien, ou la comparaison au travers les manuscrits mauritaniens par John A. Shoup de la langue classique et de la langue vernaculaire la hassaniya ; dispositif d’approche systématisé dans l’exploration de Pierre Cachia qui interroge la littérature classique arabe, les formes andalouses et l’épopée populaire des Banu Hillal. Effectivement des paradigmes tels que le profane et le sacré, le populaire et le savant où l’oral et l’écrit s’imposent tout au long des investigations sans que soient négligées pour autant les singularités des entrées que sont le nom propre dans sa dimension constitutive de socialisation familiale et d’enjeu anthropologique, historique et politique (Mohamed Saidi, Nebia Dadoua) ou le poème populaire dans la tradition maghrébine qui se révèle aussi bien en tant que matrice linguistique, marqueur identitaire et dispositif générique au cœur d’une koiné transhistorique et transnationale (Abdelkrim Hamou, Ahmed Amine Dellaï). Les dispositifs de matérialisation de la dimension proprement artistique et culturelle trouvent dès lors leur traduction dans des modes d’expression modernes comme la B.D.

(Saâdedine Fatmi) ou des parcours de musiciens et permet de comprendre, par exemple, des expressions genrées (Salim El Hassar) La variété de ce numéro est aussi celle des langues (français, anglais et arabe) qui annonce en quelque sorte la prochaine mue de Turath en revue semestrielle internationale dédiée au patrimoine culturel avec le soutien d’un comité scientifique et de lecture d’universités des quatre coins du monde. »

Hadj MILIANI

En résumé, de 2002 à 2014, le défunt professeur Hadj Miliani a dirigé cinq numéros, en plus d’un numéro avec Belkacem Boumedini et un autre avec Saliha Senoussi. Ahmed Amine Dellaï a dirigé deux numéros dont un avec Rahmouna Mehadji.

Les cahiers Turath ont rassemblé les travaux de chercheurs, enseignants, étudiants, archivistes, et écrivains. Tous ayant comme intérêt commun le patrimoine matériel et immatériel, les représentations et les processus sociaux, les configurations anthropologiques et les pratiques culturelles.

Conclusion

« Turath » a été un des fers de lance de la division, ces cahiers du CRASC nous ont offert l’opportunité de valoriser les travaux sur le patrimoine matériel et immatériel à travers plusieurs dimensions, en commençant par le local et le national pour ensuite arriver à l’échelle maghrébine et africaine sans oublier l’appartenance au monde musulman et en prenant en compte notre diversité linguistique.

De ce bilan se dégagent les thèmes de l’imaginaire, du symbolique, des représentations et des pratiques.

De plus, soulignons ici l’importance de faire des synthèses à partir des bilans ou des rapports de fin de projets pour mieux valoriser les résultats de recherches et se projeter sur de nouvelles perspectives.

Notes de bas de page

  1. André Jolles, Formes simples, 1930 ; trad. fr., 1972.
  2. Poverbiorum Arabicorum Centuriae duae, abanonymo quodam Arabe collectae et explicatae : cum interpretatione latina et scholiis Josephi Scaligeri et Thomae Erpenii, edito secunda priore emendatior. Lugduni Batavorum, Johann, Maire, 1623, pet. In 8°, de 8 feuillets prél. Et 134 pages (1ère édition à Leide en 1614).
  3. Arabum Proverbia, vacalibus instruxit, latine averit, commentariis illustravit et sumtibus suis editit G.W.Freytag. Bonnoe ad Rhenum, A.Marcus, 1838, 1839, 1843; 3 vol.gr.m-8°; tomeI, viij et 752 pages, plus 3 pages d’errata; tome II, 952 pages; tome III, 1ère partie : XXVI, et 655 pages; 2ème partie: VIIJ et 520 pages.
  4. Mohamed Ben Cheneb, Proverbes arabes de l’Algérie et du Maghreb recueillis, traduits et commentés (Publ. Ec. Lettres Alger, 1905-07, XXX, XXXILI, in 8, 3 vol.) et, Mohamed Ben Cheneb, Quelques adages algériens, Mémorial Henri Basset, 1928, I, pp.43-68.
  5. Les proverbes populaires algériens, Alger, OPU, 192 p. (en arabe), Les proverbes agraires algériens, Alger OPU, 1987, 241p. (en arabe), Le professeur Mortad a été l’un des premiers chercheurs de langue arabe a entreprendre une approche structurale et sémiotique des formes proverbiales.
  6. Parmi quelques-unes des recherches académiques récentes de jeunes chercheurs on peut citer (entre autres) - Aouhsaïne Tahar, El wadifa et-tarbawiya fi-el-amtal el camyya el djazaïriya, Magister 1994, Institut Culture Populaire, Tlemcen. -Benabdallah Fethallah, El mithal echacbi fi-mantiqat tilimcen, 1995, Institut Culture Populaire, Tlemcen.
  7. C’est le cas des approches de : C. Michaux, Proverbes et structures stéréotypées, Langages, 1999. G. Kleiber, Sur le sens des proverbes, Langages 2001.
  8. Joseph Chetrit, Dire proverbial et dire méta-textuel, Cahiers de littérature orale, 1998, n°44, p.146.
  9. Parmi quelques travaux récents, outre la recherche menée depuis plusieurs années par Kamel Abdou à l’Université de Constantine nous pouvons citer deux thèses de magister : Mme Mehadji Rahmouna, Stratégies féminines à travers le conte populaire algérien. Transcription, traduction et analyse de six contes oraux, Thèse de magister, Département de français, Université d’Oran, 2000. Mme Anissa Hammana, épouse Belharat, Etudes de contes maghrébins et non maghrébins dans une perspective comparatiste. Corpus :’La vache des orphelins’, Thèse de magister, Département de français, Université d’Oran, 2000.
  10. La constitution à partir de janvier 2003 du site web de l’équipe permettra de pouvoir écouter les enregistrements audio de ces contes.
  11. Pour ce qui est du domaine arabe, en langues européennes, je renvoie d’une part au recueil de Basset qui est un bon exemple du travail de collecte dans la tradition orientaliste du siècle passé, d’autre part au guide des motifs de Shamy ainsi qu’à une étude morphologique de Aboubakr Chaïbi : R. Basset, Mille et un contes, récits et légendes arabes, 3 vol., Paris, 1924. Hassan El-Shamy, Folk traditions of the Arab World, A Guide to Motif Classification, 2vol., Indiana University Press, Bloomington, 1995. Aboubakr Chraïbi, Classification des traditions narratives arabes par ‘conte-type’ : application à l’étude de quelques rôles de poète, Bulletin d’Etudes Orientales, 1998, IFEAD, Damas, pp.29-59.
  12. On peut ajouter, parmi les récentes perspectives d’approche, la réflexion de François Flahaut, La pensée des contes, Paris, Anthropos, 2001, 275p. Flahaut met l’accent sur la dimension émotionnelle des contes (entre autres la modalité ontologique), l’action de socialisation et l’invariance des séries de contes.
  13. Pour une synthèse de la démarche voir : Le conte. Pourquoi? Comment ?, Editions du CNRS, 1984.
  14. Mered Zoulikha, Contes arabes de Tlemcen. Essai d’analyse textuelle, Alger, ENAP, 1991, 325 p.
  15. Geneviève Massignon, Bibliographie des recueils de contes traditionnels du Maghreb ; supplément Fabula 4 (1961) pp.111-119 ; 6 (1964) pp.162-176.
  16. Quelques titres : Roslyne Leïla Gresch, El qiçâ el-chacbiya el jazaïriya dât el asl el-carabi, OPU, 1980. Abdelhamid Bourayou Bentahar, El qisas el chacbiya fi mantiqat biskra (Dirasat maydaniya), ENAL, 1986. Telli Bencheikh, Dirassat fi-el adab echacbi, ENAL, 1989. Khlifi Abdelkader, El qisas el chacbiya fi mantiqat Aïn Sefra, Magister 1991, I.C.P., Tlemcen. Bensalem Houria, El Hikayat echacbiya fi mantiqat Bejaïa, Magister 1992, I.C.P., Tlemcen.
  17. Pour rappel, lire dans le premier numéro de Turath deux approches du conte de membres de l’équipe de recherche : Rahmouna Mehadji, Contes oraux de l’Ouest algérien, Ourida Nemmiche, Les contes touaregs. Thèmes et énonciation.
  18. La plupart des informatrices sont sexagénaires ou septuagénaires. Rares sont les informatrices de la jeune génération (moins de 40 ans).
  19. Fanny Colonna, Présence des ordres mystiques dans l’Aurès aux XIXème et XXème siècle. Contribution à une histoire sociale des forces religieuses en Algérie, in Les ordres mystiques dans l’islam. Cheminements et situation actuelle (s.d. de A. Popovic et G. Veinstein), Editions de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris, 1986., p. 258.
  20. « Ainsi la priorité donnée au vécu personnel et au sentiment par rapport au scripturalisme et au dogme – patrimoine des oulémas, les ‘docteurs de la loi’ – oriente la femme vers une pratique de culte privée – célébrée à la maison et non pas à la mosquée- et vers l’affiliation aux confréries du tasawwuf populaire dont les pratiques sont fondées sur l’expérience émotionnelle et le mysticisme». Antonio Baldassare, La hadra des femmes au Maroc, in la Transe (s/d. Abdelhafid Chlyeh), Ed. Marsam, 2000, Maroc, p.150.
  21. Pour une histoire culturelle, coll. L’Univers historique, Paris, Seuil, 1997, s/d. de Jean-Pierre Rioux et Jean-François Sirinelli, p.137
  22. Roger Chartier, La nouvelle histoire culturelle existe-t-elle ?, Cahiers du Centre de Recherches Historiques, n°31, avril 2003
  23. Roger Chartier, La nouvelle histoire culturelle existe-t-elle ?, op.cit., p.23
  24. Nous nous sommes principalement appuyé sur l’article de Birgitta Orfali, Les représentations sociales : un concept essentiel et une théorie fondamentale en sciences humaines et sociales, L'Année sociologique, 2000, 50, n°1
  25. Cf. Paul Achard et Paul Wald, Sociologie, langage et interprétation, Langage et société, n°59, mars 1992. Les enjeux de l’ethnométhodologie
  26. Geneviève Calame-Griaule, La recherche du sens en littérature orale, Terrain, n°14, mars 1990
  27. Bernard Py, Pour une approche linguistique des représentations sociales, Langages n°154, juin 2004
  28. André Schaeffner, Musique savante, populaire, nationale (1942), Gradhiva, n°6, été 1989, p.88.
  29. Mélanges africains et orientaux, Paris, Ernest Leroux, 1925, p.29.
  30. Sur les chants corporatifs et de circonstances voir les exemples donnés par Yellès-Chaouche Mourad dans, Le Hawfi. Poésie féminine et tradition orale au Maghreb, Alger, OPU, 1990, p.152-156
  31. Dans son étude de la Sebeiba à Djanet, Meriem Bouzid-Sababou décrit la pratique féminine duelle de la satire (tezmit) et de l’éloge (tamoulé) : « Si la satire au féminin est révolte, leurs éloges ne peuvent être que volupté. »p.51, Sebeiba- Tillellin. Les célébrations de l’Achoura chez les Touaregs sédentaires de Djanet, Alger, Editions Barzakh, 2003
  32. Pour un aperçu commenté du corpus principal de la chanson chaabi voir l’anthologie éditée par Ahmed Amine Dellaï, Chansons de la Casbah, Alger, ENAG, 2002
  33. Mehenna Mahfoufi, Chants kabyles de la guerre d’indépendance. Algérie 1954-1962, Paris, Editions Séguier, 2002.
  34. Se référer pour les chants bédouins au recueil de Ahmed Amine Dellaï, Paroles graves et paroles légères. Chants bédouins de l’Oranie, Alger, ENAG, 2003
  35. C’est le cas de la chanson gnawi par exemple : cf. Selim Khiat, Alger en noir et blanc, in Parlez-moi d’Alger. Marseille-Alger au miroir des mémoires, Paris, Réunion des Musées Nationaux, 2003, pp.181-183
  36. Dans le contexte français lire à ce sujet l’étude de Giusy Basile, La chanson et la musique des rues à travers la production phonographique et cinématographique, Ethnologie française, XXIX, 1999, 1 ; pour le cas algérien, je me permets de renvoyer à mon étude : Le cheikh et le phonographe. Notes de recherche pour un corpus de phonogrammes et de vidéogrammes sur les musiques et les chansons d'Algérie, Patrimoine immatériel. Matériaux, documents et études de cas (s/d. de Hadj Miliani), Turath n°4, 2004
  37. Bibliographie des recueils de contes traditionnels du Maghreb, Journal Fabula, vol.4, n°1, pp.111-129, 1961
  38. PERES Henri, Bibliographie, la poésie populaire en Afrique du nord, I.Algérie, II. Maroc, III. Tunisie, IV. Tripolitaine. Lybie, Bulletin des Etudes Arabes n°1, Alger, janvier-février 1941, pp. 17-19 - Bibliographie, pour un Corpus des Poésies populaires de l'Algérie, in Bulletin des Etudes Arabes, no4, sept-oct. 1941, Alger,111-115. Index bibliographique de 85 poètes.
  39. Guide Bibliographique du Melhoun, Paris, L’Harmattan, 1996
  40. Musiques du monde arabo-musulman : guide bibliographique et discographique, Approche analytique et critique, El Ouns, 2004
  41. Musiques du monde arabe et musulman. Bibliographie et discographie, en collaboration avec Jean Lambert, Paris, Geuthner, 2000.
  42. Quelques-uns des articles sont tirés des actes du 5ème colloque international sur La culture populaire entre le Moyen Orient et le Nord de l’Afrique, organisé par le CRASC et l’Université d’Oxford les 13 et 14 octobre 2008 à Oran.

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FARDEHEB, L. (2023). Etat récapitulatif des cahiers Turath. Turath - Algerian Journal of Cultural Anthropology, 01(01), 79–102. https://turath.crasc.dz/en/article/etat-recapitulatif-des-cahiers-turath